17 mars 2018
Une erreur d'anesthésie a brisé la vie de Jean-Pierre Adams. Le 17 mars 1982, le joueur de l'équipe de France est opéré au genou. Mais l'intervention, pourtant bénigne, tourne mal. Une erreur d'anesthésie le plonge dans un coma végétatif. Ajourd'hui, alors qu'il vient de fêter ses 70 ans, Jean-Pierre Adams semble toujours dans un autre monde : il respire, il mange mais il ne parle pas. Son épouse est à ses côtés, elle veille sur lui.

Dans sa villa de Caissargues, dans le Gard, Bernadette Adams contemple avec tristesse les bouquets de fleurs qu'elle a reçus pour les 70 ans de son mari. "Cela me peine, forcément. Mais d'un autre côté, je suis contente que l'on pense encore à lui." Bernadette est une femme énergique, blonde aux yeux bleus, une grand-mère "dans le coup" pour ses petits-enfants mais depuis 36 ans.

Elle est surtout le phare, la bouée d'un mari alité et dépendant. "Je suis tout à la fois infirmière, garde-malade, docteur, kiné." Au fil des années passées aux chevet de son mari, Bernadette a appris à lire en lui : "Il entend, ça c'est certain. Je ne dirais pas qu'il comprend, ou alors par instant, ça se voit à sa bouche qui remue." Bernadette Adams résume en quelques mots sa vie au service de son mari dépendant : "Le foot m'a tout apporté et il m'a tout repris." Car elle épouse Jean-Pierre Adams en 1969, un an avant qu'il intègre le club du Nîmes Olympique. Le défenseur jouera ensuite à l'OGC Nice et au PSG.
En 1972, Jean-Pierre Adams rejoint surtout l'équipe de France. C'est à cette époque qu'il forme avec Marius Trésor la charnière centrale des Bleus. Il est alors au faîte de sa gloire. Marius Trésor, aujourd'hui consultant pour la chaîne des Girondins de Bordeaux, s'en souvient parfaitement : "Stéphane Kovacz, sélectionneur de l'équipe de France, avait trouvé une bonne formule. En Pologne notre performance avait été à la hauteur et dans son discours d'après-match, il avait simplement dit : ce soir j'ai trouvé ma garde noire."
Mais Jean-Pierre Adams était aussi capable de partir à l'assaut des buts adverses, comme lors du match qualificatif pour la Coupe du monde qui opposait la France à l'URSS, le 13 octobre 1972, lors de l'inauguration du Parc des Princes.
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